Michael Zaugg : vingt ans de Voces Boreales
Depuis deux décennies, Voces Boreales occupe une place de premier plan dans le paysage choral contemporain du Canada, reconnu pour sa sonorité cristalline, son répertoire audacieux et son engagement envers l’excellence artistique et pédagogique. Fondé à Montréal par le chef d’orchestre suisse Michael Zaugg, l’ensemble est né du désir de faire découvrir aux chanteurs et au public canadiens les traditions chorales raffinées de la Scandinavie et de l’Europe centrale.
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Depuis sa fondation au milieu des années 2000, Voces Boreales est passé d’un petit collectif de neuf chanteurs à un ensemble de niveau professionnel, aujourd’hui reconnu à l’échelle nationale. En plus de ses interprétations d’œuvres contemporaines complexes et souvent méconnues, le chœur sert de terrain d’apprentissage pour de jeunes chefs de chœur et constitue un pôle d’échanges communautaires grâce à ses ateliers et classes de maître.
Dans cet entretien, Michael Zaugg revient sur l’inspiration qui a mené à la création de Voces Boreales, sur les influences musicales et culturelles qui ont façonné sa vision, ainsi que sur le parcours d’un ensemble qui, depuis vingt ans, enrichit autant les interprètes que le public par son esprit d’aventure et sa sonorité distinctive.
Qu’est-ce qui a inspiré la création du chœur, il y a vingt ans ?
Je suis arrivé au Canada en 2004 et j’ai obtenu mon premier poste de chef en 2005. En me familiarisant avec le milieu choral, notamment à travers mon travail avec différents chœurs à Montréal et à Ottawa, j’ai réalisé que je pouvais — et devais — apporter le répertoire, la sonorité et la pédagogie chorale avec lesquels j’avais grandi en Suisse et en Suède. Je voulais partager mes connaissances et mon expertise sur les compositeurs, les œuvres et les méthodes d’enseignement propres à la création d’un son choral. Avec les chœurs que je dirigeais à l’époque, cela n’était possible que dans une mesure limitée.
Un bon ami suédois m’a dit au téléphone : « Lance ton propre ensemble ! »
J’ai alors établi une feuille de route pour les premières saisons et commencé à chercher des chanteurs, des lieux de concert, etc. Cela coïncidait avec le moment où mon travail de chef commençait à se faire connaître localement, et où je recevais des demandes de chanteurs souhaitant collaborer à un nouvel ensemble.
Tous étaient intéressés par mon projet de programmer de la musique scandinave, baltique et plus largement européenne, et tous comprenaient qu’il faudrait être capable d’apprendre une musique complexe de manière autonome, de chanter dans de nombreuses langues inconnues et de développer une oreille très affinée.
J’ai auditionné environ 30 personnes et en ai retenu 9 pour la première saison. Presque tout le répertoire était écrit à huit voix, ce qui exigeait des chanteurs qu’ils performent comme solistes et soient à l’aise dans des œuvres mélodiquement, rythmiquement et harmoniquement complexes.
Le premier concert comportait plusieurs créations mondiales et canadiennes, la plupart signées de compositeurs scandinaves. Lors de la deuxième saison, l’ensemble est passé à 12 chanteurs, puis à 16 l’année suivante, et enfin à 24.
Ma vision se résumait ainsi : interpréter et promouvoir la musique chorale contemporaine, avec une préférence pour la Scandinavie, les pays baltes et l’Europe occidentale ; former de jeunes chefs de chœur sur un « instrument professionnel » ; et mobiliser la communauté grâce à des ateliers et des collaborations avec des artistes internationaux.
Y a-t-il eu des influences clés — musicales, personnelles ou culturelles — qui ont façonné cette vision ?
Je citerais mon professeur Anders Eby à Stockholm, ainsi que plusieurs amis chers, dont celui qui m’a encouragé à fonder mon propre ensemble. Il y a aussi les musiciens choraux scandinaves — chefs, compositeurs et chanteurs — dont certains sont encore aujourd’hui des collègues et amis proches. Et enfin, mon expérience au sein du World Youth Choir, où j’ai découvert la richesse des cultures, des sonorités et des pratiques chorales du monde entier.
Quel regard portez-vous sur votre parcours avec Voces Boreales ?
Ce fut une aventure extraordinaire, jalonnée de nombreux moments forts… et de quelques défis. J’ai pu donner vie à certaines de mes œuvres chorales préférées avec un ensemble d’une grande excellence et d’un dévouement exceptionnel. J’ai beaucoup appris sur l’administration et la production d’un organisme artistique. Les premières années étaient uniques : nous avions peu de ressources, mais une immense soif d’excellence. C’est ce qui nous a portés.
Lorsque nous avons commencé à travailler dans le cadre d’une entente avec l’UdA, la gouvernance du chœur a changé et l’Institut a été créé — un tournant positif, qui a permis de mieux soutenir l’administration et la production de concerts, d’ateliers et de classes de maître.
J’ai tissé des amitiés qui dureront toute une vie grâce à Voces Boreales, et je garde un souvenir ému de nos concerts, de nos collaborations et de notre son unique !
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Prochain concert: En quête de paix
Alors que Voces Boreales célèbre son 20e anniversaire, le public est invité à se joindre à l’ensemble pour un concert exceptionnel, « En quête de paix », le 18 octobre. Ce concert-anniversaire incarne la mission durable du chœur : relier les cœurs et les esprits par une musique qui émeut, élève et inspire l’espoir. Un moment privilégié pour jeter un regard en arrière sur vingt années d’innovation et d’art, et pour se tourner vers un avenir empreint d’harmonie, de découverte et de paix.
